Les règles relatives aux visas étudiants britanniques se durcissent alors que les demandes d’études aux Émirats arabes unis chutent de 59 %

De nouveaux chiffres révèlent une évolution des tendances en matière d'éducation dans les pays du Golfe, une augmentation du nombre de retraits de candidatures et des pressions financières croissantes pesant sur les universités britanniques.

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La demande de visas étudiants pour le Royaume-Uni recule dans l’ensemble des pays du Golfe

Les demandes de visa étudiant britannique émanant des Émirats arabes unis ont chuté de 59 % depuis 2022, ce qui témoigne d’un recul de la demande en faveur de l’enseignement supérieur britannique.

Les données du ministère de l’Intérieur confirment que le nombre de demandes est passé de 638 en 2022 à seulement 257 en 2025, dans un contexte de durcissement des règles en matière d’immigration. De plus, les universités ont également dû se conformer à des exigences plus strictes en matière de prise en charge des étudiants étrangers.

Parallèlement, la flambée des frais de scolarité, la diminution des possibilités d’emploi après les études et les problèmes de sécurité ont influencé les projets des étudiants.

De nouvelles données montrent également des tendances divergentes entre les pays du Golfe, où certains marchés auraient connu une croissance malgré le recul général.

Par ailleurs, les universités britanniques sont également soumises à une pression croissante pour maintenir le respect des règles en matière de visas à un certain niveau tout en préservant les recettes générées par les étudiants étrangers.

Les Émirats arabes unis enregistrent la plus forte baisse du nombre de candidatures d’étudiants du Golfe

Les Émirats arabes unis ont enregistré la baisse en pourcentage la plus forte parmi les pays du Golfe analysés dans les dernières statistiques du ministère de l’Intérieur.

Le nombre de candidatures a chuté de 36 % rien qu’en 2025, prolongeant ainsi une tendance à la baisse qui s’était amorcée après 2022.

L’Arabie saoudite a également enregistré une baisse du nombre de demandes, qui est passé de 5 814 en 2023 à 5 049 en 2025.

De même, Bahreïn a enregistré une baisse de 26 %, le nombre de demandes passant de 545 à 403 au cours de la même période.

Le Qatar a enregistré une baisse de 14 %, le nombre de demandes passant de 1 056 en 2023 à 910 en 2025.

Cependant, le Koweït et Oman ont pris le contre-pied de cette tendance.

Le Koweït a enregistré une hausse de 11 %, avec 5 034 demandes en 2025, contre 4 499 en 2023.

Par ailleurs, le nombre de demandes en Oman est passé de 996 à 1 018, soit une hausse d’environ 2,2 %.

Ces chiffres contrastés laissent penser que l’évolution des politiques d’immigration a des répercussions différentes sur les marchés de l’éducation des pays du Golfe.

Par ailleurs, les chiffres du début de l’année 2026 indiquent que la situation reste fragile dans certains pays.

Le nombre de demandes saoudiennes a reculé de 29,2 % au cours du premier trimestre, par rapport à la même période de 2025.

Le nombre de demandes aux Émirats arabes unis est resté relativement stable, passant de 16 à 15 au cours de la même période.

Le durcissement des règles britanniques en matière de visas entraîne des retraits de demandes

Cette baisse coïncide avec un durcissement des conditions d’octroi des visas étudiants au Royaume-Uni et une forte augmentation du nombre de demandes retirées.

Selon The PIE News, les universités doivent désormais maintenir leur taux de refus de visas en dessous de 5 %.

Auparavant, le cadre d’évaluation de la conformité de base autorisait un taux de refus pouvant aller jusqu’à 10 %.

Le durcissement des critères a accru la pression exercée sur les établissements pour qu’ils évaluent les candidats avant de se porter garants pour l’octroi d’un visa.

Au cours de l’année se terminant en juin 2026, environ 11 500 demandes de visa étudiant ont été retirées avant que les autorités ne se prononcent.

Ce chiffre a doublé par rapport à l’année précédente et a atteint son plus haut niveau annuel depuis 2010.

Par ailleurs, le taux de refus de visa publié s’élevait à 4,9 %.

Toutefois, si l’on tenait compte des demandes retirées dans le calcul, la proportion globale s’élèverait à environ 7,5 %.

Il est important de noter que les demandes retirées ne sont pas prises en compte dans les taux officiels de refus de visa des universités.

Par conséquent, les établissements sont davantage incités à repérer les demandes susceptibles d’être rejetées avant que les autorités ne rendent leur décision.

Les universités peuvent également retirer leur parrainage lorsqu’elles estiment qu’un candidat court un risque important de voir sa demande rejetée.

Toutefois, le fait qu’une université retire son parrainage diffère du cas où un demandeur retire volontairement sa demande de visa.

La hausse des coûts et la diminution des possibilités d’emploi découragent les étudiants

Les restrictions en matière d’immigration ne constituent qu’un facteur parmi d’autres qui influencent les décisions des étudiants étrangers.

La hausse des frais de visa et du supplément santé lié à l’immigration a alourdi la charge financière liée aux études au Royaume-Uni.

Par ailleurs, le gouvernement prévoit de réduire la durée de la période de travail post-études prévue par le visa « Graduate » de deux ans à 18 mois.

Ce changement, prévu pour 2027, laisserait aux diplômés moins de temps pour rechercher un emploi après l’obtention de leur diplôme.

Par ailleurs, les modifications proposées concernant les conditions d’obtention des visas pour travailleurs qualifiés pourraient compliquer la transition vers un emploi à long terme.

Ces évolutions risquent de décourager les étudiants qui considèrent les diplômes britanniques comme un investissement pour leur future carrière.

Nick Hillman, directeur général de l’Institut des politiques de l’enseignement supérieur, a critiqué l’approche du gouvernement en matière de recrutement international.

Il a déclaré au journal *The National* que les restrictions en matière d’immigration avaient réduit l’attrait des universités britanniques pour les étudiants étrangers.

Dans son analyse, M. Hillman a déclaré que les facteurs attirant les étudiants étrangers avaient été « à nouveau réduits ».

Par ailleurs, certaines familles de la région du Golfe ont exprimé des inquiétudes concernant leur sécurité personnelle et l’environnement sur les campus.

Le journal « The National » a mis en avant le meurtre d’un étudiant saoudien à Cambridge en 2025 comme l’un des incidents suscitant des inquiétudes.

Dans l’ensemble, ces événements ont renforcé l’incertitude quant à la décision d’étudier en Grande-Bretagne.

Les universités britanniques sont confrontées à une pression financière croissante

La baisse des inscriptions d’étudiants étrangers pourrait entraîner des difficultés financières supplémentaires pour les universités britanniques.

Les étudiants étrangers paient généralement des frais de scolarité plus élevés que les étudiants français, ce qui fait des inscriptions d’étudiants étrangers une source de revenus importante.

Selon une étude datant de juillet 2026, la baisse du nombre d’étudiants étrangers a déjà entraîné une diminution des retombées économiques estimées pour le Royaume-Uni.

Cette étude a estimé à 2,9 milliards de livres sterling la perte économique liée à la baisse des inscriptions d’étudiants étrangers depuis l’année universitaire 2022-2023.

Par ailleurs, cette baisse correspondait à environ 23 300 emplois à temps plein en équivalent activité économique.

L’étude a révélé que les étudiants étrangers qui commenceront leurs études en 2024-2025 pourraient générer 40,4 milliards de livres sterling de bénéfices économiques nets.

Toutefois, le durcissement des conditions d’octroi de visas pourrait limiter la capacité des universités à recruter des candidats issus de marchés à haut risque.

Par conséquent, les établissements doivent trouver un équilibre délicat entre la protection des licences de parrainage et le maintien des inscriptions internationales.

Linda Cowan, directrice générale de Kaplan International Pathways, a souligné l’importance de rester compétitif.

Elle a déclaré que les universités britanniques devaient démontrer leur valeur pédagogique et veiller à ce que les étudiants étrangers se sentent les bienvenus.

Ce que les futurs étudiants britanniques doivent savoir

Les futurs étudiants étrangers doivent se préparer soigneusement avant de déposer leur demande de visa étudiant pour le Royaume-Uni.

Les candidats doivent se procurer une attestation d’admission aux études en cours de validité délivrée par un établissement d’enseignement agréé.

De plus, ils doivent vérifier les exigences en matière de justificatifs financiers, les diplômes d’anglais et les frais actuels de demande de visa.

Les étudiants doivent également vérifier s’ils remplissent les conditions requises pour bénéficier d’opportunités d’emploi après leurs études, conformément à la réglementation en vigueur à la date de l’obtention de leur diplôme.

Par ailleurs, les candidats doivent contacter sans tarder les universités si des documents supplémentaires ou des vérifications d’éligibilité s’avèrent nécessaires.

La décision d’une université de retirer son parrainage pourrait empêcher une candidature d’aboutir.

Perspectives pour l’enseignement international au Royaume-Uni

Les derniers chiffres mettent en évidence les défis croissants auxquels est confronté le secteur de l’enseignement international au Royaume-Uni.

Même si les tendances en matière de candidatures dans les pays du Golfe varient, le durcissement des règles d’immigration et la hausse des coûts pourraient continuer à influencer les décisions des étudiants.

Par ailleurs, les universités doivent trouver un équilibre entre le respect de la réglementation et l’importance financière du recrutement à l’étranger.

En fin de compte, la capacité du Royaume-Uni à attirer des étudiants étrangers dépendra de l’accessibilité financière, des perspectives d’emploi, de la sécurité et de la stabilité de la politique d’immigration.

Photo de Divyansh Jain sur Unsplash